Chroniques calixiennes

Dénouement

Ce qu’on avait trouvé dans cet hôpital dépassait tout ce qu’on pouvait imaginer. Enfin tout ce que moi j’avais pu imaginer. Pourtant, j’en avais vu des horreurs durant ma carrière. La voie que j’avais suivi m’avait amené à éliminer aussi bien des hommes, bien sous tout rapport d’ailleurs, que des mutants dégénérés et cannibales. Sans parler du Warp…

Eremias frissonna…

Une explosion au loin le sortit de ses pensées: Orpheus était allongé mais revenait déjà à lui. Magdela était à ses côtés et ses premiers soins semblait avoir été efficaces.

A l’extérieur, il faisait nuit. Mais l’hospice en flamme éclairait désormais la place et les immeubles proches. Hormis ce grand feu de camp, rien ne bougeait à l’extérieur.

“Bordel de merde on a bien failli y passer cette fois !!!” lança-t-il à ses compagnons sans attendre particulièrement de réponses de leur part.

“Orpheus est de nouveau avec nous” lui répondit Magdela. “Ça va Orphé? Tu te sens capable de repartir?”

“Oui ne t’inquiètes pas Magdela. La chair est faible mais pas à ce point” lui rétorqua-t-il tout en se relevant. “Il faut rejoindre notre contact. Où on est là?”.

“Dans l’immeuble où notre contact nous attends. Enfin, lui est au 4ème” lui répondit Eremias.

“Alors, allons-y” répondit Orpheus. “Je passe devant” lança Magdela tout en empruntant le couloir en direction de l’escalier, arme au point.

Le contact était bien là. Une jeune gangers de moins de 20 ans était en train de faire son rapport à Orpheus. Mais cette petite racaille avait toute la peine du monde à contenir sa peur de Magdela et mettait trois plombs à s’expliquer.

“Oui je vous… vous dit. Je l’ai vu comme… comme je vous… v…Vois. Un truc rouge… ressemblant à une grosse araignée volante. C’est sorti de l’hos…hospice avant qu’il n’explose.”

“Et elle est partie OU ton araignée rouge???” s’énerva Magdela.

“Elle… elle a pris la direction de la g…gare” bredouilla la jeune racaille.

On l’avait raté. Cette horreur avait réussi à suffisamment nous ralentir pour activer la destruction de son labo avant de se barrer illico. Maintenant, il avait dû rejoindre le poste de police et Moran le chef des Logomanciens. Ces salopards avait bien préparé leur coup. Le petit groupe d’acolyte avait vraiment à faire à des pros. Des gars avec un plan A et le plan B qui va avec en cas de coup dur.

“Bon et Luntz?” continua Orpheus.

“Et explique toi plus rapidement sinon je te bute” rajouta Magdela.

La petite racaille se reprit et continua son récit: "On a plus de nouvelles. L’embuscade marcha au poil mais tandis que les combats continuaient, deux voleurs de corps sortirent du bâtiment et se dirigèrent vers le poste de police. En même temps, un groupe d’hommes en sortit et se dirigèrent vers le lieu de l’embuscade. Là les combats reprirent de plus belle et… on en sait pas plus. Les autres observateurs ont aussi vu deux flic partir en direction du tunnel.

Ca s’annonçait plutôt mal. Luntz allait se faire zigouiller, le chirurgien était encore en vie et deux voleurs de corps se baladaient dans la nature.

“Eremias, qu’en penses-tu? On part sauver Luntz ou on va direct au poste de police?” lui demandèrent Orpheus et Magdela.

“Moi j’préfère le poste de police. Il doit y avoir du bon matos là-bas. Mais on peut peut-être passer par le marché. Ça a l’avantage d’être pile poil entre le poste de police et la zone de combat. Et l’avantage est que Luntz y a aussi placé quelques gars à lui. On sera moins seuls comme ça.”

“Il a raison.” répondit Orphéus. “Ouais c’est plus judicieux. Bon toi le gamin, passe devant et même nous au marché” ordonna Magdela

Les balles fusaient de partout. la pierre éclataient tout autour de lui. Il était mal, TRES mal. Et tout ça parce que ces idiots s’étaient pris pour des inquisiteurs confirmés ou des spaces marines vétérans. Bordel de merde, sa blessure lui faisait un mal de chien et il n’y voyait plus rien. Il était cloué au sol comme un vulgaire troufion de la garde impériale sous le déluge d’un nid de bolters lourds.

Un autre impact le fit s’enterrer un peu plus derrière un morceau du bras gauche de la monumentale statue qui trône au centre de la place Sud de la Division Corscala.

Mais quelle idée il avait eu. Les gars d’en face étaient loin d’être des bleusailles. Certes, il avait éliminé le gars sur le toit d’un beau tir bien placé en pleine poire, mais les autres avaient fini par le cloué au sol avec un feu nourri d’autocarabine. Et c’est sans compter sur les deux voleurs de corps qui ramenaient lentement mais sûrement leur tronche vers eux.

Les tirs s’étaient calmés. Magdela comme Orpheus en profitèrent alors pour répliquer. Mais le problème était que certains logomanciens se débrouillaient pour les clouer au sol pendant que leurs petits camarades charger le camion blindé avec tout ce qu’il pouvait. Le chirurgien était avec eux mais malheureusement il était trop camouflé pour qu’un tir puisse l’atteindre. En fait, il était clair que leur plan B était une réussite. Ils allaient s’échapper et bien que dégoûté à cette idée, Erémias espérait que ça se fasse vite. Il tenait pas à mourir là. Et surtout pas comme ça.

Prenant son courage à deux mains, Eremias surgit de son trou et ajusta le voleur de corps. Dans son viseur, il vit clairement les tubes accrochés au torses de la créature, et, fit mouche. Mais rien. Pas d’explosion. Rien. Le monstre continuait sa marche vers eux. De son côté, Magdela finit par loger une pleine rafale sur l’autre voleur de corps qui s’effondra sur place. Orpheus, lui, reprit ses tirs sur le chauffeur du camion mais rien n’y fit. Celui-ci finit par démarrer puis par les dépasser sans qu’il soit possible de l’arrêter. Le groupe n’était pas équipé pour ce type de combat et le feu croisé dont il était la cible – entre le poste de police, la camion et les immeubles derrière eux – n’aidait pas.

Les hommes de Luntz firent alors leur apparition et attaquèrent le dernier voleur de corps. Ces lâches avaient attendus que les logomanciens se barrent pour entrer en action. Mais Eremias n’allait certainement pas se faire voler sa cible par une bleusaille de bas étage. Profitant du fait que les tirs venant de l’immeuble derrière eux avaient cessé, Eremias sortit de nouveau de son trou, ajusta la tête du monstre et… lui éclata le crâne.

C’était fini. Ils étaient en vie et le mal avait été nettoyé. Ils avaient eu chaud. Très chaud mais ils avaient réussit. L’Empereur était avec eux. C’est certains. D’abord les mines de Gorgonid. Maintenant la sous ruche de Corscala. Ils avaient sa grâce. Tout en prenant une des capsules encore indemne sur le corps de la créature artificielle qu’il avait éliminé, Eremias se dit en lui-même: “Pourvu que sa dure.”

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Johankov

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