Chroniques calixiennes

La cité du crépuscule...

Les acolytes se dirigèrent alors vers la division Coscarla pour enquêter sur le défunt et rassembler autant d’indices que possible.

Se faisant, ils découvrirent un lieu de la cité se désagrégeant lentement. Coscarla ressemble à une ville abandonnée, enterrée, drapée dans les ténèbres sous un ciel de plomb. C’est un lieu froid et vide, où toutes les habitations et tours-hab sont noircies par le feu, ou regardent silencieusement au travers de leurs centaines de fenêtres brisées, tandis que d’anciennes arches et colonnes de granite noir se fondent dans l’obscurité.

La centrale fournissant l’énergie est faible et l’éclairage le long de la voie publique clignote et produit une lumière pâle et crépusculaire. Des détritus et débris encombrent les allées latérales dans lesquelles les formes indistinctes de rebuts (ou pire) se dissimulent. La ligne d’horizon près de la partie sud du district est traversée par les lignes du transpole, le massif réseau de transport de Sibellus, qui laisse parfois échapper des sons cliquetants et des arcs électriques. Loin au-dessus, dans le ciel ombrageux, la « respiration » bruyante du système de recyclage de l’air de la ruche se mue en un distant bruit de tonnerre, son action provoquant des rafales glaciales au niveau du sol. Et même le rideau de pluie sale est trop bref pour balayer la saleté des rues.

Des gens vivent à Coscarla, des milliers même, mais ils sont tellement absorbés par les vastes ténèbres qui les entourent, qu’ils semblent y disparaître. Ils n’errent pas dans les rues, se rendant d’un point à un autre d’un pas rapide, la tête baissée et dissimulée par leur col relevé. Ils sont débraillés, usés et ont l’apparence d’hommes et de femmes terrifiés mais néanmoins résolus à supporter de leur mieux cette existence misérable.

Lorsque le cycle nocturne pointe, tout le district prend un aspect cauchemardesque alors que le réseau d’éclairage public faiblit. La lumière baisse brusquement et les habitants se hâtent de s’abriter derrière leurs portes verrouillées à double tour. Alors que les ténèbres deviennent presque totales, les tours-hab se dressent telles des pierres tombales cyclopéennes dans un immense cimetière. Les rares sources de lumière proviennent de mousses luminescentes poussant dans les fissures des immeubles en lithobéton et irradiant une étrange et faible lueur. Les rares sources de lumière plus importantes proviennent de bâtiments comme celui de l’Union des ouvriers et du terminus du transpole, véritables îlots de clarté dans une mer abyssale.

Les acolytes furent frappés par ce lieu de désolation. Eux qui étaient habitués jusqu’à maintenant à des quartiers mieux lotis. Mais ils se remirent vite et se dirigèrent vers l’hôtel de Coscarla afin d’y prendre une chambre et de déposer quelques affaires. Malgré ce lieu laissé à l’abandon, leur couverture leur assurait une certaine discrétion et donc tranquillité. Du moins, tant qu’ils ne se faisaient pas remarquer.

Arrivé à l’hôtel, ils déchantèrent vite. La propreté du lieu rappelle celui des champs de bataille. Et son propriétaire, celui d’un asile de fou. Mais la nécessité de laisser leurs affaires quelque part et d’avoir un lieu possible où se retrancher était plus important que les considération d’hygiène de privilégier comme eux. Il prirent donc deux chambres qu’ils préparèrent en cas de coup dur et repartirent en direction de la tour-hab 717 afin de trouver la sœur de Saul.

En chemin, ils passèrent par le marché où ils découvrirent le ramassis hétéroclites d’étals, de camelots, de restos à ciel ouvert et de bric à brac de ferrailleurs. Là, ils tombèrent sur une vieille femme en crise à la recherche de son mari disparu. Mais devant le peu d’intérêt que lui portait l’assistance, le regards vicieux de trois membres d’un gang local, et des flics tout aussi dangereux en patrouille, le groupe la prirent à part et l’emmena vers la tour-hab 717.

En chemin, ils passèrent devant l’Union des ouvriers, un bâtiment imposant servant de lieu de rendez-vous pour les ouvriers et qui fut créé par le consortium de Tantalus. C’est une pratique courante pour les consortiums car elle permet de vider les poches de ceux qui sont sous contrat servile du peu d’argent que leur maître leur ont donné. Aujourd’hui, il s’agit du seul bar local encore en place et malheureusement il est tombé aux mains des narcotruands.

A la tour-hab, ils firent signé un contrat de travail de l’Epreuve Coblast à la vielle femme en échange de leur aide pour retrouver son mari disparu et rencontrèrent la sœur de Saul Lili Arbest dans l’appartement de son frère où elle avait trouvé refuge. Leur sincérité leur permit d’apprendre tout ce que Lili pouvait connaître sur son frère et l’enquête qu’elle avait elle-même menée. Ainsi, ils apprirent que le quartier était en proie à des disparitions étranges qui ont toujours lieu la nuit. Ils apprirent aussi que Saul avait un ami du nom d’Evard Zed avec qui il partageait ses beuveries. Elle leur expliqua aussi sa rencontre avec le Gardien Locan, officier des forces de l’ordre, et son comportement étrange, notamment au sujet des forces de l’ordre local. En effet, avant qu’elle ne le quitte, il lui fit jurer sur l’Empereur-Dieu et Saint Drusus eux-mêmes de ne jamais parler de leur entretien et de son contenu à ses collègues.

Après avoir inviter Lili à quitter la division Coscarla comme elle l’envisageait depuis un moment, et après lui avoir fait signer un contrat de travail à l’Epreuve Coblast, ils se dirigèrent vers l’Union des ouvriers afin d’y glaner plus d’informations sur Saul, Evard et la situation sur le district. Malheureusement, ils n’obtinrent que l’adresse d’un ferrailleurs important du coin, un certain Sikes, un autre contrat de travail auprès d’un ouvrier du coin et quelques brides de rumeurs sur les enlèvements locaux.

En dehors de ça, un narcotruand un peu trop sûr de lui, tentant d’accoster un peu trop directement Miranda, ce qui lui valu un direct violent dans les dents. En réaction en chaine, les armes furent sorties et pointés sur les protagonistes. Seul le Techno adepte qui enquêtait à part du groupe depuis un moment ne fut pas inquiété. Celui-ci se garda bien d’ailleurs de faire le moindre mouvement louche.

La situation se débloqua un peu lorsqu’un des narcotruands décida que Miranda devait être corrigé par le petit Tommy lors d’un combat à mains nues. Si elle perdait, elle serait obligé de se mettre à poil. Dans le cas contraire, elle et son copain pourrait partir. Miranda accepta et se trouva face à un véritable colosse. Le combat fut difficile. Si l’agilité de Miranda lui permettant de mettre à défaut la force brute du petit Tommy, la faiblesse de ses coups face à l’imposante résistance du colosse, ne lui permettait pas de prendre le dessus. Si elle ne faisait rien, elle finirait tôt ou tard par recevoir un coup trop violent qui la coucherait définitivement. Elle décida alors d’attirer le colosse dehors dans l’espoir de mettre les voiles plus efficacement. Et finalement, ce fut l’intervention du techno adepte qui, en déclenchant une atroce saturation de son comvox, permit d’attirer l’attention du colosse la fraction de seconde nécessaire à Miranda pour lui coller une balle dans le crâne. La saturation sonore assomma aussi les narcotruands qui s’était amasser devant l’entrée du bar, ce qui permit à Magdela et Eremias de s’échapper vers le marché.

Le plan marcha à la perfection. Malgré la course poursuite dans le marché, les deux acolytes réussirent sans mal à échapper à leur poursuivant. Ils se dirigèrent alors vers l’hospice Tantalus pour y retrouver plus tard leur collègue. Ce dernier, profita de la confusion pour rencontrer “Accord” Luntz, le chef du gang. Celui-ci finit par comprendre que l’Heretek en face de lui connaissait bien les deux fauteurs de troubles. Mais Luntz sembla trouver son compte dans son échange avec lui. En effet, Isaïa lui proposa de monter une affaire avec l’Epreuve Coblast et cela sembla intéresser Luntz.

En partant du bar, la promesse d’un réflexion sur un accord commercial possible avec Luntz en poche, Isaïa se retrouva dehors… en pleine nuit noire. En effet, entre son départ du salon du chef de gang et le moment où il prit la sortie, la phase nocturne du district se déclencha, plongeant dans les ténèbres toute la zone.

Seul, sans repères directs, l’esprit chargé des dernières informations acquises sur toute l’horreur que ces ténèbres nocturnes suscitent, le jeune acolyte s’engagea dans la rue en direction de l’hospice…

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Johankov

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