Chroniques calixiennes

L'Antre du Monstre

“Ça avait pourtant commencé comme une bonne journée…”

C’est ce que pensait Orpheus, alors qu’il courait en direction de l’ascenseur, maintenu ouvert par le taciturne Eremias…

Mu par des années de service dans les offices du matin chargées d’apposer les marques numérologiques aux pièces mécano-arcaniques produites dans la forge ou il fît ses débuts, il s’était éveillé tôt ce jour là, après quelques heures de repos bien méritées. Puis il récita la litanie de dévotion à l’Opus ex Machinum"

“Bilan de la nuit : agitée, riche en enseignements.
L’ennemi, de dangereux Héréteks, a lancé sur notre équipe quelques une de ses terribles “Yeux rouges”, d’abominables soldats genetek cybernétiques quasiment impossibles à stopper.
Seule notre formation d’acolytes et la grâce de l’Omnimessie, nous permit de nous en sortir vivants.
Objectifs de la matinée : aller voir “Luntz”, obtenir de lui le fin mot de cette histoire. Le convaincre de nous aider à démanteler l’organisation connue sous le pseudonyme de “Logomancien”.
Bilan Terminé.

La Chair est Faible."

L’heure du rendez vous avec Luntz approchait. Orpheus se décida pour de délicieuses brochettes de rats achetées sur le marché, sacrifiant ainsi aux exigences de sa propre chair défaillante et dépendante. Il les grignotait encore lorsqu’il arriva devant le bouge qui servait de locaux à la soit disant “Union des Travailleurs”.

Pour eux aussi la soirée avait été dure. Ils avaient visiblement du défendre chèrement leurs vies contre une invasion de bouteilles de tords boyaux assoiffés d’ulcères et de coma éthyliques, ironisa intérieurement Orpheus. Le spectacle de tant de débauche confortèrent l’opinion d’Orpheus sur la valeur du citoyen impérial moyen, bien que les rebuts de cette sous ruche ne l’intéressaient pas. Il se moquait des engrenages sociaux du gang, il était venu pour Luntz, son cogitateur central.

Celui-ci le reçut dans son bureau, décoré avec un soin qui, encore une fois, est la marque d’une intelligence supérieure à la pitoyable moyenne humaine. Après les rites ancestraux d’activation des échanges sociaux, d’usage en de telles circonstances, Luntz révéla son implication dans la sordide tragédie qui se déroulait à Corscala.

Cela faisait deux mois que ceux qui se faisaient appeler “Les Logomanciens” avaient jeté leur dévolu sur la sous ruche. A peine installés dans l’ancien Hospice de Corscala, ils se livrèrent à une prise de contrôle systématique de la zone. Ils achetèrent notamment les bonnes grâces de Luntz, le chef du gang de narcotrafiquant qui contrôlait alors le quartier. Ils lui fournissaient quantité de drogues, comme l’Obscura ou ses variantes plus rares comme la Spirale Noir,e en échange de personnes que Luntz et sa bande devaient se charger de faire disparaitre de la circulation.

C’est à peu près à ce moment là que Luntz perdit le contrôle de la situation. Si les Logomaciens continuaient de fournir de la drogue au gang de Narco-truands, ils cessèrent rapidement d’avoir recours au services de Luntz pour les enlèvements. Il devint dès lors extrêmement périlleux de circuler de nuit dans Corscala. Les derniers représentants des forces de l’ordre disparurent à leur tour et furent remplacés par un certain Moran et une vingtaine de ses hommes, des individus un peu trop bien entrainés et équipés pour être de simples représentants de forces de l’ordre. Ils ne conservèrent que le commissaire, devenu une épave alcoolique et droguée, afin de s’assurer une légitimité administrative. Les Logomaciens prirent rapidement l’ascendant sur le quartier et firent petit à petit disparaitre tout ceux qui se plaignaient. Luntz se vit obligé de coopérer, mais avait bien conscience qu’il se trouvait embarqué dans une histoire très sale, qui risquait d’attirer l’attention des autorités impériales. Et c’est là que les acolytes arrivèrent.

Luntz avoua les avoir vendu à Moran. Ce dernier semblait les avoir repérés, et avait ordonné à Luntz de lui indiquer l’endroit ou on créchait. Tenant l’aubergiste par la drogue, il n’a eu aucun mal à refourguer l’information à Moran et ainsi à endormir les soupçons. Il prit tout de même la peine de nous prévenir avant, voulant s’assurer que nous étions aussi compétents que nous en avions l’air. Bref, il a manipulé et utilisé la petite équipe inquisitoriale, sans savoir à qui il avait affaire. C’était de bonne guerre, après tout, les trois acolytes faisaient de même de leur côté.

Impressionné que l’équipe ait survécu à l’offensive des Logomanciens, Luntz désirait maintenant engager Isaiah, Marcus et Miranda, 500 trônes chacun, s’ils acceptaient de mener seuls l’assaut contre l’Hospice. Une manne fort bienvenue, couplée au droit âprement négocié de réquisition sur tout matériel se trouvant à l’intérieur de l’hospice, qui allait permettre à nos acolytes d’arrondir les fin de mois tout en accomplissant leur devoir sacré.

Il prévint aussi Orpheus de l’imminence d’une attaque sur leur nouvelle planque, une offensive générale comprenant les horreurs tapies dans l’Hospice et l’intégralité des forces de l’Ordre. Du mauvais pour nos acolytes. Heureusement Luntz avait un plan qui semblait originellement logique et aurait du permettre de maximiser les chances de réussite de l’équipe. Le plan était simple et élégant.

1) Nos trois acolytes devraient aller seuls se faire massacrer à l’intérieur de l’Hospice.
2) Pendant ce temps, Luntz et ses hommes allaient se répartir un peu partout en embuscade dans le quartier, afin de se faire massacrer par les hommes de Moran en tentant de les intercepter.

Un plan suicidaire, manquant de préparation, à mener contre un adversaire supérieurement armé et équipé en ne bénéficiant que d’une moitié d’effet de surprise? Oui, mais il n’avait pas mieux à proposer. Et au moins, ce plan, aussi désespéré soit il, avait une petite chance de réussir.

*"Bilan de l’entrevue avec Luntz : Positif au delà des prévisions. Bonification de 1500 trones sur les frais de mission.

Objectifs : Mener l’offensive sur l’Hospice, après s’être convenablement équipé.

Nota annexes. Il faudra se montrer plus discret dans nos investigations futures.

Bilan Terminé.—

La Chair est Faible."*

Il négocia un laisser passer pour ses compagnons et tous se retrouvèrent à l’Union des Travailleurs, se préparant à l’assaut. Quelques heures plus tard, nos acolytes pénétraient par la cuisine de l’Hospice.

Une rapide visite des cuisines et des réserves permit aux acolytes de découvrir ce qu’il était advenu des disparus : un bouillie d’organe anonymes, dont une partie au moins avait été cuisinés pour nourrir les horreurs que le monstre qui résidait ici avait créé. Bien heureusement, l’Heretek appose sa marque nauséabonde sur tout ce qu’elle touche, sinon il serait bien difficile de la déceler.

Orpheus prit le temps de mettre à l’abri les pauvres mono-crânes maltraités et traumatisés, avant de reprendre leur exploration. Il se promit de les emmener loin de cet enfer oublié du Dieu Machine et de les remettre en état afin que leur sagesse puisse à nouveau servir les intérêts de l’Impérium.

L’état de vétusté avancé de l’ensemble du bâtiment explique en partie le manque de discrétion dont firent par la suite montre les acolytes. Ils durent s’organiser rapidement pour éliminer un premier “yeux rouges”, venu les intercepter. Une machinerie opérationnelle de mieux en mieux huilée, à laquelle Orpheus commençait à être fier d’appartenir. Au cours d’une fouille de plus en plus malsaine, ils eurent maille à partir avec deux hommes de main de Luntz, qui blessèrent grièvement Orpheus. Une fouille rapide des corps et des lieux leur permirent de compenser matériellement le montant des dommages subits.

Ils n’étaient cependant pas encore au bout de leurs peine. Un peu plus tard, en découvrant le laboratoire de Chimie, où était créée la drogue, ils furent attaqués par une abomination hérétek qui faillit bien ôter la vie à Eremias. Elle portait sur elle une carte magnétique libérant l’accès à l’antre de la Bête. Celle-ci avait un nom, Luntz le leur avait révélé : Le Chirurgien. Les crimes commis envers la machine et l’homme par cet être sans scrupules dépassaient l’imagination. Il était temps de provoquer sur son cortex central un dysfonctionnement majeur.

Son antre, sinistre caricature d’une salle des urgences, était encore souillé de l’odeur et des restes des infâmes rites héréteks auquel se vouait l’ignoble Chirurgien. Lorsqu’ils la trouvèrent, celle ci se livrait à un ignoble rite de Medicae corrompue sur un sujet d’étude humain encore vivant et non volontaire.

Nos acolytes eurent beau faire feu sur cette chose, ils échouèrent dans leur tentative de mettre un terme définitif à ses agissements. Retardés par un ultime “Yeux Rouge”, une abomination mécanique sanguinolente bardée de scalpels et une sorte d’amalgame organique non identifié, ils ne purent empêcher l’Hérétek de saboter sa clinique des horreurs et de s’enfuir. Ils purent cependant extraire une grande quantité de donnée du cogitateur central du Laboratoire du Chirurgien, et collecter des échantillons organique de l’horreur blanchâtre que contenait la cuve que Magdela avait détruite (horreur semblant identique à la version plus réduite extraite par le maître-interrogateur Sand sur le corps de Saul Arbest).

L’explosion de l’ensemble du dispositif était imminente. Au cours de la fuite désordonnée qui s’en suivit, le pix-enregistreur tomba dans les fluides qui maculaient le sol. Espérons que l’Esprit de la machine ne s’en sera pas trop senti offensé. Orpheus veillerait à apaiser celui-ci autant que faire se peut.

“Ça avait pourtant commencé comme une bonne journée…”

C’est effectivement ce que pensait Orpheus, tandis qu’il courait en direction de l’ascenseur, maintenu ouvert par le taciturne Eremias. C’est alors que lui parvint le bruit de la détonation, juste avant qu’il ne se sente soulevé du sol et projeté violemment vers l’avant. Il perdit connaissance avant même de toucher le sol…

Comments

Le bâtiment tremblait autour d’eux, il allait probablement s’effondrer sous peu. Encore une fois leur combat avait été rude et Magdela savait que l’Empereur avait veillé sur eux.
« Merci Saint Drusus pour ton intercession.» Psalmodia Magdela alors qu’elle sortait de l’ascenseur en soutenant Orpheus.
Le combat n’était pas fini, maintenant ils allaient devoir rejoindre les narco-truands, ces racails sans foi ni loi, pour éliminer le reste des logomanciens. L’idéal serait de pouvoir capturer Moran pour le faire parler mais ça risquait d’être compliqué.

L'Antre du Monstre
 
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