Chroniques calixiennes

Première nuit dans les ténèbres

Lorsque le cycle nocturne pointe, tout le district prend un aspect cauchemardesque alors que le réseau d’éclairage public faiblit. La lumière baisse brusquement et les habitants se hâtent de s’abriter derrière leurs portes verrouillées à double tour. Alors que les ténèbres deviennent presque totales, les tours-hab se dressent telles des pierres tombales cyclopéennes dans un immense cimetière. Les rares sources de lumière proviennent de mousses luminescentes poussant dans les fissures des immeubles en lithobéton et irradiant une étrange et faible lueur. Les rares autres sources de lumière, mais plus importantes, proviennent de bâtiments comme celui de l’Union des ouvriers et du terminus du transpole, véritables îlots de clarté dans une mer abyssale.

Leur première nuit, les acolytes en ont fait les frais. A peine Magdela et Eremias sont-ils arrivés devant l’hospice que celui-ci bouclait ses portes et fenêtres pour se préparer à la nuit. La plupart des gens fuirent également la zone, marchant à pas rapide, voir tout simplement en courant, afin de rejoindre au plus vite leur frêle foyer. En quelques minutes, tout devient sinistrement noir, le monde plongé dans les ténèbres. A peine éclairé par quelques lampadaires, bâtiment important ou mousses fluorescentes. Orpheus, quant à lui, s’enfonça dans les ténèbres, un globe lumineux en main en direction de ses collègues, le rire des narcotruands raisonnant encore derrière lui.

Le retour fut pénible. Certes, Eremias et Orpheus portent sur eux un équipement de vision nocturne mais n’étant pas le cas pour Magdela, ils durent traverser tout le district à l’aide du globe lumineux.

Après un cours passage devant le Temple, fermé à double tour, les acolytes décidèrent de rentrer à l’hôtel et finirent rapidement par se rendre compte que de nombreuses formes les avaient pris en chasse.

L’attaque fut soudaine. Sans s’y attendre Eremias entendit un cri rauque depuis la tour hab incendiée derrière lui et sentit un coup violent le frapper dans le dos. Un coup suffisamment fort pour le projeter au sol suivi d’une créature abhumaine au dessus de lui, prête à abattre son arme sur sa tête de toutes ses forces.

En deux trois mouvements, les acolytes furent entourés d’une douzaine d’abhumains chargés à la dope et prêt à tout pour piquer tout ce qu’ils peuvent avec toute la violence nécessaire. Quand on a rien à perdre, on peut aller très loin même si on est malade, en crise de manque ou en pleine extase.

Le combat n’était guère en faveur des acolytes. Malgré la faiblesse des attaquants, leur nombre pouvait largement les mettre définitivement au sol. Magdela, déjà blessé par son dernier combat à l’Union des travailleurs, pris de nouveaux coups qui la blessèrent gravement. Mais Eremias parvint à s’extraire d’un combat rapproché d’avec deux rebus et à lancer une grenade parfaitement placée pour mettre au sol 6 rebus. Un septième fut perdit la vie, l’artère fémorale tranchée net par un tir de laser bien placé.

Devant cette violence, les rebus survivants fuirent à toutes jambes. Et les acolytes rentrèrent rapidement à l’hôtel avec un des rares rebus ayant survécu à la grenade. L’interrogatoire qui suivit leur permirent de comprendre que ces abhumains n’étaient pas la cause des enlèvements. Des créatures aux yeux rouge vif et d’une taille avoisinant les 2m50 parcourent le district à la recherche de gens à capturer. Aucun rebus n’est visé, au lieu important comme l’Union des travailleurs, le Temple, le poste de garde et l’hospice ne sont visés. Seuls les tours-hab et les environs sont fouillés pour enlever ceux qui ont le malheur de n’avoir pas été assez bien caché. Les rebus semblent les appelés les voleurs de corps. Pour eux, ce sont des démons.

Le lendemain, les trois acolytes profitèrent d"une repas potable à l’hôtel, découvrant alors la femme de l’hôtelier Maxus Drayelok, une abhumaine cadavérique au bras droit déformé au regard et au comportement triste. Par la suite, il se rendirent au Temple où il rencontrèrent Evard Zed et le prêcheur Fayban. Le premier leur apprirent que lui et Saul buvaient des coups à l’Union des travailleurs avant qu’une racaille vienne lui chercher des noises et le blessa au couteau. En quittant les lieux, Saul voulut s’attarder à l’hospice pour faire soigner rapidement ses plaies. Et Evard décida de rentrer chez lui car “cet endroit me file la trouille”. Ce fut la dernière fois qu’il le vit. Et Saul fut apparemment le premier à disparaître. Evard leur confirma aussi que les gens étaient apeurés par ces disparitions, plus encore que par les truands et rebus qui traînent dans le district. Mais que personne n’en parlez vraiment sans une bonne raison. Le prêcheur, quant à lui, ne leur apprit rien de plus hormis qu’il est térrifié et qu’il ne quitte que très rarement son temple. Il semble s’accrocher à l’Empereur-Dieu sans réel conviction, scandant son nom comme pour ce convaincre encore qu’il est un mombre à part entière du Ministorum. Pour lui, tout ici est tombé dans l’abandon, hormis le Temple qui le protège. Ils apprirent cependant que l’hospice donnait des soins et un repas par jour aux gens avec un cognaugure. Ceux qui n’ont pas de pièce d’identité doivent payer un demi-trône. Au nombre de trois, un médecin et deux aides soignants, ils semblent être les derniers représentants du consortium Tantalus en service dans le coin.

Fort de ces informations, les acolytes se dirigèrent vers l’hospice. En chemin, ils croisèrent la boutique du récupérateur Sikes. Là, ils purent se fournir en armes et munitions. Un pistolet mitrailleur, certes usé mais avec une nouvelle crosse et deux chargeurs, plus quelques balles de pistolet et un stimm sont toujours le bienvenue compte tenu du lieu où ils évoluent.

A l’hospice, il rencontrèrent un des aide-soignants qui offrit des soins à Magdela. Là, ils apprirent que les trois hommes qui tienne le lieu sont les derniers représentant du consortium Tantalus, laissés là pour subvenir aux anciens ouvriers du consortium. Ainsi, une fois par semaine, ils sont livrés par camion et récupèrent ainsi des bandages, pains, et divers rations. Pour le reste, ils semblent éloignés des problèmes du district. Le lieu est dangereux et ils font partis de ces gens qui se barricade la nuit, mais n’ont pas de réel opinion sur les enlèvements. Pour eux, les gens quitte ce coin. Peut-être fuient-ils tous des truands ou des rebus surdosés. Eux, tout ce qu’ils se contentent de faire reste de nourrir 1 fois par jour à 13h les gens qui le souhaitent, et d’apporter quelques soins aux malades et blessés.

Pendant que Magdela prenait quelques soins et passer à l’interrogatoire l’aide-soignant, Orpheus et Eremias visitèrent un peu les lieux. Ils découvrirent que les cuisines étaient dans un état qui va à l’encontre de toutes règles sanitaires. Si le cabinet de soins n’est pas trop en mauvais état, ce n’est pas le cas de la cuisine. Outre deux servo-crâne antiques utilisés comme serviteur de chef cuisto, ils y trouvèrent aussi plusieurs portes dont une grande métallique et cage d’ascenseur fermée.

A l’étage, ils trouvèrent d’anciens bureaux, certains semble-t-il abandonnés à la va-vite par les anciens propriétaires du consortium, et d’autres transformés en chambre à coucher rudimentaire (deux exactement). Une porte ouvragée fut la seule qui fut fermée à clé. Celle-ci est la première porte qui fait face aux escaliers.

En repartant, Orpheus et Eremias retrouvèrent Magdela et l’aide-soignant en bas des escaliers, ce qui changea le comportement de l’aide-soignant, jusque là plutôt aimable. Ils commença à poser des questions sur le pourquoi de leur présence à fouiller l’endroit et leur rappela de ne plus refaire ce genre de chose. Ils n’ont à priori rien à cacher selon eux mais n’aiment pas que des gens traînent partout. Seul le cabinet et le réfectoire sont les lieux ouvert au public.

En quittant les lieux, Orpheus remarqua que la porte d’entrée pouvait être bien barricadée de l’intérieur et qu’un système d’ouverture par carte d’accès encore fonctionnel était caché à l’intérieur comme à l’extérieur de la porte.

Pour eux, ce lieu cache définitivement quelque chose. Et la générosité d’un consortium qui a quitté les lieux avec empressement ne fait qu’attiser leurs doutes. Ils décidèrent donc qu’Orpheus devait aller retrouvé “Accord” Luntz pendant que Magdela et Eremias allaient rendre visite au poste de police…

En espérant que tout aille bien…

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Johankov

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