Chroniques calixiennes

Révélations...

Tout était calme maintenant. Il était près de 4h du mat et il restait 3 heures avant le cycle diurne. De quoi largement reprendre des forces. Leur nouvelle planque allait leur permettre de rester tranquille jusqu’à ce qu’ils puissent rencontrer “Accord” Luntz, le chef des narcotruands.

Il est vrai qu’ils avaient besoin de repos. Les deux dernières heures avaient été plus que mouvementées. En fait, ce sont carrément les dernières 36 heures qui avaient été mouvementées. Magdela sourit légèrement en se les remémorant.

Eremias bougeait légèrement dans un coin de l’appartement délabré qui leur servait de refuge. Son sommeil était troublé. Sur le mur d’en face, Orpeus venait de terminer l’inspection des armes du groupe et profiter maintenant d’un repos bien mérité. Ou alors était-il juste en transe? Magdela avait toujours du mal à comprendre le fonctionnement du techno adepte. Mais ce n’est qu’une question de temps. L’essentiel était que cet acolyte remplisse sa tâche à la perfection. Comme l’autre d’ailleurs.

Une bourrasque d’air frais pénétra dans la pièce, soulevant brusquement ses cheveux. Ce simple air frais la mis immédiatement en alerte. Elle soupira. Finalement, rien à Corscala ne pouvait apaiser l’esprit de ceux qui avait le malheur d’y passer ou d’y vivre.

Magdela étira ses jambes. Une douleur aiguë aux côtes lui rappela soudainement à quel point cet endroit était dangereusement mortel. Il y a à peine 2 heures, le petit groupe s’était préparé à recevoir la visite de “ceux” qu’ils recherchent. Enfin, c’est le message qu’avait fait passer les narcotruands à Orpheus lors de son passage à l’Union des travailleurs une douzaine d’heure auparavant. Chose étrange, ces brutes n’avaient pas pris la peine de lui parler. Ils lui avaient juste fait passer un message avec un sus, un rendez-vous pour le lendemain. Pourquoi cette attente? Pourquoi prévenir le groupe du danger qu’ils courent pour en plus leur dire de passer les voir le lendemain de l’attaque. Etait-ce un test?

Ceci dit, toutes ces questions ne mènent à rien pour le moment. Ils n’avait que 3 heures à attendre avant d’avoir enfin la réponse à toutes leurs questions.

Quoi qu’il en soit, grâce à ce message, ils avaient pu préparer le terrain. Mais manque de chance pour eux, cet idiot de Maxus, le tenancier de l’hôtel de Corscala, avait tout fait foiré. Ce drogué libidineux s’était mis en tête de les détrousser pendant leur sommeil. Les détrousser eux, des acolytes de l’Inquisition; Magdela se retint de rire. Elle se rappela le visage déconfit du gras double lorsqu’elle était venu le chercher pour l’interroger. Et sa tête quand il imagina deux secondes qu’il lui était possible d’avoir une seconde chance; lui qui maltraitait une pauvre ab-humaine depuis plusieurs années et qui avait sûrement commandité plusieurs meurtres pour assouvir son addiction à l’obscura. Sa mort avait au moins permis à la jeune de changer de vie et, à de futurs clients, de vivre encore.

Ceci dit, les rebus engagés par l’escroc, avaient tous été éclatés en deux trois mouvements. Leur plan fut d’une efficacité terrifiante. Et l’idée d’Orpheus d’utiliser un sommier comme piège avait été très rigolo à mettre en œuvre. C’est d’ailleurs, la première fois que Magdela crut entendre Orpheus rire en voyant le sommier en métal s’éclater sur la tête du premier rebus suffisamment fou pour ouvrir la marche à ses compagnons.

Mais là où tout parti en vrille fut lorsque le vrai groupe d’assaut ennemi était entré en scène. Ils s’étaient malheureusement fait surprendre alors qu’ils cherchaient le tenancier au rez-de-chaussée. Et honnêtement, il est clair, et inconcevable de ne pas en être sûr et certains, que l’Empereur-Dieu lui-même était avec eux lors de ce combat.

En effet, ils virent enfin à quoi ressemblaient ces fameux démons aux yeux rouges, les voleurs de corps comme certains les appellent: de gigantesques corps rapiécés et trafiqués, pourvu d’une force démente et insensible à toute douleur.

Si le premier fut mis à terre suffisamment rapidement grâce au nouveau jouet de Magdela, les deux autres voleurs de corps furent plus de dégâts et faillirent avoir raison du groupe. Heureusement pour eux que ces brutes étaient aussi lentes que puissantes. Et encore, le plus pénible fut le sniper placé en soutien. Celui-ci, bien camouflé dans les ténèbres de la tour hab d’en face, fut particulièrement difficile à déloger. Et ce professionnel faillit permettre aux voleurs de corps de s’échapper.

Ceci dit, c’était sans compter sur le “calme” et la “compétence” d’Eremias qui finit par lui coller le pruneau qu’il fallait. Même si le sniper ne fut pas tué, sa blessure permit tout de même au groupe de souffler un peu et de résoudre un autre mystère concernant les forces de l’ordre local.

Car si depuis le départ, le groupe avait un sérieux doute quant à l’implication des forces de l’ordre dans ce qui se trame à Corscala, ils en ont désormais la certitude puisque Erémias finit par remonter la piste du sniper jusqu’au poste des forces de l’ordre.

Il leur reste cependant encore quelques questions à élucider. Qui sont ces Logomanciens et ce Moran dont a parlé le gardien Locan, le soit-disant chef des forces de l’ordre de Corscala? Et quel rôle joue réellement les narcotruands?

Bientôt, ils le seront. Le dénouement est proche. Plus que jamais en fait. Il ne leur reste plus qu’à rester en vie suffisamment longtemps pour régler ce problème.

Magdela trouva enfin une position confortable. Elle prit alors une petit caillou et le jeta sur Eremias. Il était temps qu’il prenne la relève. Elle commençait à sentir le sommeil la gagner.

Il était 5 heures. 2 heures de sommeil, c’était plus que suffisant…

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Johankov

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